mardi, janvier 31, 2006

IL EST DE RETOUR!!!

Voila de bien belles photos de Monsieur l’Opossum, se baladant, comme ça, sur ma barrière, l'air insouciant et en plain jour de surcroît…

Ah ! mais me voyant avec mon appareil photo, celui-ci a hésité et est reparti dans l’autre sens, puis a change d’avis et est revenu, avec un air disant, tu m’vois pas non, tu m’a pas vu, hé hé je fais que passer !!!


Le voila qui arrive, concentré...

Notez la ressemblance entre le porcelet et le rat musqué.


Remarquez la belle queue pelée de rat et les pipattes de marsupial!

Sinon pour d’autres nouvelles jardinieres, un autre sapajou me détruit ma pelouse anglaise (heu mes mauvaises herbes), ce creuseur n’est pas une taupe, mais une espèce de mini marmotte nommée Pocket Gopher(en latin Thomomys.), que je n’avais également jamais vu en France… Ma pelouse est donc regulierement jonchee de monticules de terre depuis quelques semaines....

The image “http://www.ipm.ucdavis.edu/PMG/IMAGES/T/V-MA-TSPP-AD.001.jpg” cannot be displayed, because it contains errors.

Voila la tronche du zozo en question...
Je tourne en rond pour savoir que faire, en attendant le bougre creuse... Et me bouffe tout :" Ils envahissent souvent les jardins, et s'alimentent de récoltes de jardin, plantes ornementales, vignes, arbustes, et arbres. Un simple Gopher s'attaquant a un jardin peut infliger des dommages considérables en très peu de temps . Les Gopher rongent également et les tuyaux d'irrigation et les systèmes d'arrosage en plastique . Leurs tunnels peuvent détourner l'eau d'irrigation et mener à l'érosion. Les monticules sur des pelouses interfèrent avec l'équipement de fauchage et ruinent l'esthétique d'une pelouse."


grrrrrrrr.....

jeudi, janvier 19, 2006

Ma Vie A Louer!

Dans le pays ou tout s’achète et tout ce vend, je peux vous dire aussi que -presque- tout se loue !

Bien sur, vous pouvez louer une voiture, louer une maison, rien de bien extraordinaire a cela !! Mais louer votre résidence principale ainsi que tout ce qu’il y a a l’intérieur, ça il faut quand même le faire !!

Ainsi les magasins Rent-A-Center louent, le plus souvent aux plus pauvres, de la table de salle à manger à l’écran de télé géant ! Les meubles proposes ressemblent d’ailleurs a ceux que l’on trouve dans les chaînes d’hôtels, canapés en vrai skaï garanti !

Du vrai skai garanti!

mmm, c'est la ou je veux dormir!

Se faire du fric sur les plus pauvres rapporte puisque l’entreprise a atteint un bénéfice de près de 156 millions de dollars en 2005 ! (Moins de 14 millions de $ par rapport à 2004, je vais pleurer !!!)


Bon vous allez me dire, c’est pas grave, ils louent juste des trucs affreux aux gens qui n’ont pas de sous pour s’acheter même des meubles, mais c’est pas tout !!!

Comme nous l’annonce cet article, les prix pratiques sont en fin de compte exhorbitants !

« Le consommateur peut posséder par la suite les marchandises si les paiements sont effectués à l'heure sur une période prolongée. Mais, les paiements de location s’ajoutent de façon astronomique.

Par exemple, avec $13 paiements hebdomadaires sur plus de 78 semaines, un téléviseur a $250 coûterait $1.014 avant que le consommateur ait fini de payer. Ceci représente un taux d'intérêt annuel de 265 pour cent. Le même téléviseur a $250 acheté a crédit échelonné dans un grand magasin à 19,8 pour cent d'intérêt sur plus de 18 mois coûterait au consommateur $291,06 -- ou $723 de moins que l'achat « louer pour posséder » de Rent-A-Center. »

Je trouve ça absolument dingue !

Allez, également dans la série « à louer », il est possible de louer :
-
un ou des pretres, sur Rent A Priest !
-
la poitrine d’un geek pour votre message, pour 20 $ !
-
votre Blog pour y faire de la pub (mais oui y’a pas de petits profits !!!) voir ici !

- pour les pimbêches, ce nouveau site, qui permet de louer, comme les dvd, des sacs de marque, et de les renvoyer par courrier…. N’importe quoi…
-
et enfin, louez un allemand, sur ce site humoristique ! Rent a german !


mardi, janvier 17, 2006

Sur Le Plancher des Vaches!





Voici un article compilé après avoir vu un petit documentaire sur la Suède, qui va maintenant obliger ses agriculteurs à fournir à leurs vaches des matelas douillets !

« Les vaches heureuses donnent-elles plus de lait que les autres ? C’est ce qu’a voulu savoir le Laboratoire d’essais agricoles Huelsenberg, Allemagne.

Ses conclusions ? Les vaches qui écoutent de la musique, se font régulièrement masser et dorment sur des matelas à eau produisent davantage de lait que celles qui vivent sans confort dans un environnement plus traditionnel. Et leur lait a meilleur goût.
Les chercheurs ont constaté que les bovins adorent les appareils électriques qui leur massent le cuir et le poil, notamment ceux qui disposent de brosses horizontales et verticales, comme les portiques de lavage pour voitures. Les vaches pouvaient utiliser ces machines aussi souvent et aussi longtemps qu’elles le voulaient. En moyenne, elles s’y rendaient deux fois par jour et y restaient cinq à six minutes. Ces appareils se sont avérés particulièrement populaires en automne et à la fin de l’hiver, époque où les animaux muent et ont besoin de se gratter.
Les matelas en caoutchouc remplis d’eau arrivent en seconde position. “A notre grande surprise, toutes les vaches ont essayé le matelas à eau dès le premier jour”, rapporte le Dr Wallenburg. Elles ont continué à l’utiliser régulièrement pendant toute la durée de l’étude. Ces matelas contenant 45 litres d’eau coûtent six fois plus cher que des rations de paille, mais ils restent propres et évitent le nettoyage de l’étable chaque jour, souligne le directeur du laboratoire. Il est assez facile d’imaginer les avantages liés à l’augmentation du repos des vaches laitières. Ces animaux travaillent fort et le repos est bénéfique à leur santé en général. On peut aussi le relier à la diminution des problèmes de pattes. En effet, les vaches sont plus grandes, plus grosses, plus lourdes et leur pis a grossi et contient plus de lait qu’avant. En contraste, leurs pattes, elles, n’ont pas tellement changé et l’effort qu’on leur demande a beaucoup augmenté. Imaginez-vous rester debout avec un sac de sable de 20 kg (44 livres) dans les bras. C’est un peu ce que vos vaches vivent avant la traite !Les chercheurs ont aussi noté que le matelas réduisait l’enflure des genoux chez les vaches. Vos vaches pèsent en moyenne 750 kg (1 500 livres). Lorsqu’elles se lèvent ou se couchent, une grosse proportion de leur poids pèse sur leurs genoux avant. Elles ont donc besoin d’un bon point d’appui. Ce point d’appui doit avoir une certaine mollesse afin d’éviter que votre vache glisse ou écrase ses genoux. Cette mollesse absorbe les chocs et réduit l’enflure et les blessures occasionnées par certains mouvements. Ces expériences ont aussi permis de remarquer qu’une vache sur une surface molle se lève et se couche plus souvent, ce qui lui permet de changer de position.Les animaux ont également eu droit à de la musique, diffusée par haut-parleur dans les prés et dans les étables. La Petite Musique de nuit de Mozart a eu un effet très positif sur la production laitière, contrairement aux tubes du groupe punk allemand Die Toten Hosen [Les pantalons morts], qui ont entraîné une forte baisse de volume.
Le chanteur Guido Horn, qui a participé récemment au concours de l’Eurovision, arrive quant à lui en deuxième position dans le hit-parade bovin. Selon Claudia Krings-Sausan, membre de l’Association des producteurs laitiers de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, “d’une façon générale, les vaches semblent avoir un faible pour Mozart, mais les résultats varient en fonction du lieu. Les vaches de Düsseldorf préfèrent Mozart et Guido Horn. Celles de Munster, plus rurales, n’aiment pas le punk, mais apprécient Wolfgang Amadeus. Quant à celles d’Essen, à part Mozart, elles n’aiment pas du tout la musique.”
Pour le Dr Wallenburg, ce genre d’attentions n’a rien d’un luxe. “Les vaches restent allongées pendant huit à neuf heures par jour. Et, pour être vraiment productives, elles doivent se sentir parfaitement à l’aise.” Les appareils de massage pourraient contribuer à prévenir les problèmes de peau, à améliorer la circulation sanguine et à maintenir les animaux propres, ajoute-t-il. Les chercheurs ont découvert que les matelas à eau massaient les organes internes des vaches, ce qui est excellent pour la santé et optimise la production laitière. »

Ben oui ! Moi aussi je serais de mauvaise humeur si je devais me tenir debout avec une irrésistible envie de faire la sieste !!! Mais comment n’y a ton pas pensé avant !!! Meuh c’est pourtant simple !

Sources article: ici et l
à !

jeudi, janvier 12, 2006

Histoires de Bla Bla! La suite!


Cette semaine un peu de lecture, avec la suite de l’extrait de « Don’t think of an elephant », de Monsieur Lakoff, ou cette fois ci, pourquoi les conservateurs pensent ce qu’ils pensent….

Voici donc un petit voyage au centre de l’inconscient de droite.

J’en reste comme deux ronds de frites….

« La question je me suis posé était : Qu’est ce que les opinions des conservateurs sur certains sujets ont-elles a faire les unes avec les autres? Si vous êtes un conservateur, qu’est ce que votre opinion sur l'avortement a-t-elle à faire avec votre position sur la taxation? Quel est le rapport avec votre opinion sur l'environnement? Ou sur la politique étrangère? Quel est le lien ? Comment ces opinions s'adaptent-elles ensemble? Je n’arrivais pas à comprendre. Je me suis dit, ceux sont de drôles de gens. Leurs opinions ensemble n’ont pas de sens. Mais alors une pensée embarrassante m’est venue. Sur chaque question, j'ai exactement une opinion opposée. Qu’est ce mes opinions ont-elles à faire entre elles? Et je ne pouvais également pas comprendre.

C'était extrêmement embarrassant pour quelqu'un qui fait de la science cognitive - et linguistique. Par la suite la réponse est venue. Et elle est venue d'un endroit très inattendu. Elle est venue de l'étude des valeurs familiales.

Je me suis toujours demandé pourquoi les conservateurs parlaient tant des valeurs familiales. Et pourquoi certaines valeurs comptent alors que d'autres pas ? Pourquoi les politiques dans une campagne présidentielle, dans des campagnes pour le congres, et ainsi de suite, au moment où le futur du monde est menacé la prolifération nucléaire et réchauffement de la planète, parlent constamment des valeurs familiales? Je me suis rappelé un devoir qu'un de mes étudiants avait écrit il y a quelques années qui racontait que nous tous avons une métaphore de la nation en tant que famille. Nous avons nos pères fondateurs. Les filles de la révolution américaine. Nous "envoyons nos fils" à la guerre.

C'est une métaphore normale parce que nous comprenons intellectuellement les grands groupes sociaux, comme les nations, en les réduisant à des communautés ou à des familles. Etant donné l'existence de la métaphore liant la nation à la famille, je me suis posé cette question: S'il y a deux visions différentes de la nation, viennent-elles de deux visions différentes de la famille? J'ai pris diverses opinions du côté conservateur- et du côté progressif et j’ai dit, " mettons-les dans une métaphore opposée et voyons ce qui en sort."

J'ai mis dans les deux visions différentes de la nation, et a ressurgi deux modèles différents de la famille: une famille avec un père strict et une famille de parent nourriciers. Vous savez qui est quoi.

De bons amis à moi, membres de la coalition chrétienne, m'ont dit, ", ce modèle strict du père de famille, est juste, mais pas tout à fait exact. Cependant, vous devriez savoir ceci. Vous avez lu Dobson?" J'ai dit, "qui?" Ils ont dit, "James Dobson." J'ai dit, "qui?" Ils ont dit, "vous plaisantez. Il est sur trois mille stations de radio." J'ai dit, "bien, je ne pense pas qu'il est sur NPR.(sardinette: radio publique de gauche !!!) Je n'ai jamais entendu parler de lui." Ils ont dit, "bien, c’est parce que vous habitez à Berkeley." "OH,". Il a vendu des millions de livres. Son classique est " Osons Discipliner." Mes amis avaient raison. J'ai suivi la direction de mon libraire chrétienne local, et là, j'ai trouvé: le modèle du père strict avec tous ses détails. Dobson gagne non seulement l million de dollar par an, mais il a également son propre code postal, car beaucoup de gens écrivent pour commander ses livres et pamphlets. Il enseigne aux gens comment employer le modèle du père strict pour élever leurs enfants, et comprend les liens de celui-ci avec une politique de droite.

Le modèle du père strict commence par un ensemble de croyances:

Le monde est un endroit dangereux, et le sera toujours, parce la présence du mal est dans le monde. Le monde est également difficile parce qu'il est concurrentiel. Il y aura toujours des gagnants et des perdants.

Il y a mal absolu et un bon absolu.

Les enfants sont nés mauvais, dans le sens qu'ils veulent juste faire ce qu’ils ressentent comme bon, pas ce qui est juste. Par conséquent, ils doivent être rendus bons.

Ce qui est nécessaire dans ce genre de monde est un père fort et strict qui peut:

- protéger sa famille dans ce monde dangereux,

- appuyer sa famille dans ce monde difficile,

- enseigner a ses enfants ce qui est bien et ce qui est mal.

Ce qui est exigé de l'enfant est l’obéissance, parce que le père strict est une autorité morale qui sait reconnaître le bien du mal. On suppose encore que la seule manière d'enseigner à des gosses l'obéissance -- c'est-à-dire, le bien du mal -- passe par la punition, punition douloureuse, quand ils font du mal. Ceci inclut les frapper, et quelques auteurs conservateur recommandent des bâtons, des ceintures, et des battes en bois sur le derrière. Quelques auteurs suggèrent ceci dés la naissance, mais Dobson est plus libéral. "Il n'y a aucune excuse pour les gens qui donne la fessée a des bébés plus jeunes que quinze ou dix-huit mois" (Dobson, le nouveau défi à discipliner, 65). Le raisonnement derrière la punition physique est ceci: Quand les enfants font quelque chose de mal, s'ils sont physiquement disciplinés ils apprennent à ne pas le refaire. Cela signifie qu'ils développeront une discipline interne pour se garder de faire du mal, de sorte qu'à l'avenir ils soient obéissants et agissent moralement. Sans une telle punition, le monde irait en l'enfer. Il n'y aurait aucune moralité. Une telle discipline interne à un effet secondaire. C’est ce qui est exigé pour reussir dans un monde difficile et concurrentiel. C'est-à-dire, si les gens sont disciplinés et poursuivent leur intérêt dans cette terre d'opportunités, ils deviendront prospères et indépendants.

Ainsi, le modèle du père strict lie la moralité avec la prospérité. La même discipline qui vous fait être moral est celle qui vous permet de prospérer. Le lien est la poursuite de l'intérêt personnel. En donnant l’opportunité et la discipline à l’enfant, si celui-ci poursuit sot propre intérêt, il devrait prospérer. Maintenant, Dobson est très clair au sujet de la vision du monde du modèle du père strict et le capitalisme. Le lien est la moralité de l'intérêt, qui est une version de vue d'Adam Smith de capitalisme. Adam Smith a dit que si chacun poursuit son propre intérêt, alors pour tous ce bénéfice sera maximisé par la main invisible -- c'est-à-dire, par la nature -- juste naturellement.

Poursuivez votre propre intérêt, et vous aidez tout le monde. Ceci est lié à une métaphore générale du bien-être vu comme une richesse. Par exemple, si je vous fais une faveur, vous dites, "je te suis redevable" ou "j’ai une dette envers toi." Faire quelque chose de bon pour quelqu'un est comme lui donner de l'argent. Il "vous doit" quelque chose. Et celui-ci dit, "comment puis je jamais vous rembourser?" Appliquant cette métaphore à la loi "de la nature" d'Adam Smith, équivaut à dire que si chacun poursuit son propre intérêt, alors par la main invisible, par la nature, l'intérêt de tous sera maximisé.

C'est-à-dire, qu’ il est moral de poursuivre votre intérêt, et il y a un nom pour les gens qui ne le font pas. Le nom est do-gooder (sardinette :que l’on peut traduire par naïf, idéaliste, rêveur…). Un do-gooder est quelqu'un qui essaye d'aider quelqu'un d'autre plutôt que lui-même et ainsi se met en travers du chemin de ceux qui poursuivent leur intérêt. Les do-gooders baisez foutent en l’air le système.

Dans ce modèle il y a également une définition de ce que signifie une bonne personne. Une bonne personne -- une personne morale -- est quelqu'un qui est assez discipliné pour être obéissant, pour apprendre ce qui est exact, qui fait ce qui est exact et ne fait pas ce qui est enest pas juste, et poursuit son intérêt pour prospérer et devenir indépendant. Un enfant bon doit se développer comme cela. Un mauvais enfant en est un qui n'apprend pas la discipline, ne fonctionne pas suivant une morale, ne fait pas ce qui est exact, et donc n'est pas discipliné pour devenir prospère. Il ne peut pas prendre soin de lui-même et ainsi ne devient pas dépendant. Quand les enfants bons deviennent mûrs, ils ont appris la discipline- et peuvent prospérer, ou ne l'ont pas appris. À partir de ce moment là, le père strict ne doit pas se mêler de leurs vies.

Ceci traduit politiquement la non-intervention du gouvernement.

Considérez ensuite tout l’argent des programmes sociaux. Il est donc immoral de donner des choses a des personnes qui ne les ont pas gagnées, parce qu'alors elles ne développeront pas de discipline et deviendront dépendantes et immorales.

Cette théorie indique que les programmes sociaux sont immoraux parce qu'ils mettent une personne à charge d’autres personnes. La promotion des programmes sociaux est donc immorale. Et que cela nous dit a propos des budgets de l’état? Et bien, s'il y a beaucoup de progressifs dans le congrès qui pensent qu'il devrait y avoir des programmes sociaux, et si vous croyez que les programmes sociaux sont immoraux, comment arrêtez-vous ces personnes immorales?
C’est tout à fait simple. Ce que vous devez faire est de récompenser les bonnes gens -- celles dont la prospérité indique leur discipline et par conséquent leur capacité a etre moraux -- avec une réduction d'impôt, et rendre celle-ci assez grande de sorte qu'il n'y ait plus assez d'argent pour des programmes sociaux.

Par cette logique, le déficit est une bonne chose. Pendant que Grover Norquist indique, cela "épuise la bête." Là où les libéraux et les conservateurs fiscaux prennent le déficit énorme crée par Bush en tant que mauvaise chose, les radicaux de droite suivant la moralité du père strict la voient tout ceci comme une bonne chose. En janvier 2004, le président- a indiqué qu'il pensait qu'ils pouvaient couper le déficit de moitié en coupant les"dépenses inutiles" -- c'est-à-dire, les dépenses pour des "mauvais" programmes sociaux.

Par contre, les conservateurs ne sont pas contre les subventions du gouvernement pour l'industrie. Les subventions pour les sociétés, qui récompensent les bonnes gens -- les investisseurs de ces sociétés -- sont importantes. Là aucun problème. Mais ils sont contre le soutien et le soin. Ils sont contre les programmes sociaux qui prennent soin des personnes. Et ils voient tout ça comme mauvais. Et ils essayent d'éliminer tout ça pour les raisons morales. C'est pourquoi ils ne sont pas simplement un groupe de dingues -- ou stupides – ou des personnes basses et avides, autant que le croient les libéraux.

Ce qui est encore plus effrayant est que les conservateurs en sont convaincus. Ils croient que c'est moral. Et ils ont beaucoup de défenseurs dans ce pays. Les gens qui font de la politique vont croire que c'est une bonne manière d’agir.

Pensez pendant une minute à ce que ceci indique au niveau de la politique étrangère.

Supposez que vous êtes une autorité morale. Comme autorité morale, comment negociez-vous avec vos enfants? Leur demandez-vous ce qu'ils devraient faire ou ce que vous devriez faire? Non. Vous leur dites. Ce que le père dit, l'enfant fait. Aucun dialogue. La communication est à sens unique. C'est pareil pour Maison Blanche. C'est-à-dire, le président ne demande pas; le président dit.

Si vous êtes une autorité morale que vous savez ce qui est juste, vous avez le pouvoir, et vous l'employez. Vous seriez immoral en tant qu’individu si vous abandonniez votre autorité morale. Mettez ceci sur la politique étrangère, et cela montre que vous ne pouvez pas renoncer à la souveraineté.

Les Etats-Unis, étant le meilleur et le plus puissant pays du monde – donc une autorité morale -- savent la bonne chose à faire. Nous ne devrions rien demander à quiconque.

Cette croyance vient d'un ensemble de métaphores qui ont couru pendant longtemps sur la politique étrangère. Il y a une métaphore commune apprise dans les classes d'école sur les relations internationales. Ce s'appelle la métaphore rationnelle de l’acteur. C'est la base de la plupart des théories des relations internationales -, qui assume que chaque nation est une personne. Par conséquent il y a des "états méchants","des nations amicales," et ainsi de suite. Et il y a un intérêt national. Que cela signifie-t-il? Dans le sens le plus fondamental cela signifie que vous agissez de manière à être en bonne santé et fort. De plus, par la métaphore qu'une nation est une personne, il est bon que une nation soit saine (c'est-à-dire, économiquement saine – ou ayant un grand PIB) et forte (c'est-à-dire, militairement forte).

Il n'est pas nécessaire que tous les individus dans le pays soient en bonne santé, mais les compagnies doivent l’être, et le pays dans l'ensemble doit avoir beaucoup d'argent.

C'est ça l'idée.

Par la métaphore supplémentaire que les nations sont des personnes ("nations amicales, " états méchants, ""nations ennemies," et ainsi de suite), il y a également des nations adulte et des nations enfant, où l'âge adulte est l’industrialisation.

Les nations enfant s'appellent des nations "en développement" ou des états "sous-développés". Ceux sont à la traîne. Et que devrions-nous faire? Si vous êtes un père strict, vous dites a l’enfant comment se développer, vous dites quelles règles ils devraient suivre, et vous les punissez quand ils font du tort. C'est-à-dire, vous opérez en utilisant par exemple les politiques du Fonds monétaire international.

Et qui est aux Nations Unies? La plupart des Nations Unies se compose des nations en développement et de pays sous-développés. Cela signifie que ce sont des enfants métaphoriques.

Donc, les Etats-Unis devraient-ils avoir consulté les Nations Unies et attendu d’avoir la permission d'envahir l'Irak? Un adulte "ne demande pas une autorisation de sortie"! L'expression elle-même, autorisation de sortie, vous remet dans le temps où vous étiez à l'école ou au lycée, vous avez besoin d'une autorisation d'un adulte pour aller dehors.

Vous n'avez pas besoin de demander une autorisation de sortie si vous êtes le professeur, si vous êtes le directeur, si vous êtes la personne ayant la puissance, et l'autorité morale. Les autres devraient vous demander la permission. Bush métaphoriquement a dit, "nous sommes l'adulte." Il fonctionne dans la vision du monde du père strict, et il n'a pas a s’expliquer. Tout ce cadre est évoqué automatiquement. C'est ce qui est régulièrement fait par les conservateurs. »

jeudi, janvier 05, 2006

Histoires de Bla Bla!


Cette semaine je vais vous traduire rien que pour vous mes chers lecteurs, quelques extraits du livre de George Lakoff, intitule « Don’t think of an elephant! » ou autrement dit « Ne pensez pas à un éléphant! ».

Monsieur Lakoff est un linguiste qui enseigne la Science cognitive à l’université de Berkeley.

Bref je trouve son analyse vraiment intéressante et essentielle pour comprendre le système idéologique et politique américain, et bien sur pour comprendre la mentalité américaine tout court.

Je ne pense pas que le livre soit encore traduit en français, c’est donc un scoop !!!

Voici le premier extrait où il explique le rapport entre le langage et notre mode d’existence (oui rien que ça !). Et également quels tours de passe-passe linguistiques sont employés par les politiques pour nous convertir…Du moins aux Etats-Unis, c’est maintenant monnaie courante, mais je pense qu’en France, on n’en ai qu’aux balbutiements…(quoique j’ai bien entendu l’expression « allégement fiscal !!! »)…

« La première chose je donne à mes étudiants est un exercice.

L'exercice est: Ne pensez pas à un éléphant! Quoi que vous fassiez, ne pensez pas à un éléphant. Je n'ai jamais trouvé un étudiant qui ai pu reussir.

Chaque mot, comme l'éléphant, évoque un cadre, qui peut être une image ou autre chose: les éléphants sont grands, ont les oreilles souples et une trompe, sont associés aux cirques, et ainsi de suite. Le mot est relativement défini par rapport à ce cadre. Quand nous nions un cadre, nous évoquons en même temps celui-ci.

Richard Nixon en a fait les frais. Tandis qu’au bord de la démission pendant le scandale du Watergate, Nixon s’adressait à la nation a la télévision. Devant le peuple celui-ci a dit: "je ne suis pas un escroc." Et tout le monde a automatiquement pensé à lui comme escroc.

Ceci nous donne un principe de base de l'encadrement, parce que quand vous discutez contre vos adversaires, n'employez pas leur langue.

Leur langue sélectionne un cadre -- et ce ne correspondra pas au cadre que vous voulez.

Laissez-moi vous donner un exemple. Le jour ou George W. Bush est arrivé dans la Maison Blanche, l'expression « soulagement fiscal » (tax relief) a commencé à sortir de la Maison Blanche. Et cela continue : elle a été employée un certain nombre de fois cette année durant un discours au Congrès, et de plus en plus dans des discours préélectoraux quatre ans après. Pensez à la signification du cadre qu’évoque le mot soulagement. Pour qu'il y ait un soulagement il doit y avoir une affliction, une partie affligée, et un « soulageur » qui enlève l'affliction et par conséquent est donc un héros. Et si les gens essayaient d'arrêter le héros, ces gens seraient des bandits car ils empêcheraient ce soulagement.

Quand le mot fiscal est ajouté au mot soulagement, le résultat est une métaphore: l’imposition est une affliction. Et la personne qui l'enlève est un héros, et la personne qui essaye de l'arrêter est un mauvais type. C'est un cadre. Il se compose d’idées, comme celle de l'affliction et du héros.

La langue qui évoque le cadre sort de la Maison Blanche, et entre dans les communiqués de presse, passe par chaque station de radio, chaque chaîne de TV, chaque journal.

Et ensuite le New York Times utilise aussi l’expression « soulagement fiscal ». Et également sur la FOX; mais aussi sur CNN, sur NBC, et sur chaque chaîne parce que c'est "le plan du soulagement fiscal du président."

Et pour finir les démocrates ont aussi utilisés l’expression --, à leur dépends. C’est incroyable.

Ensuite les démocrates ont eu leur version du plan fiscal, et c'était leur version du « soulagement fiscal ». Ils acceptaient le cadre conservateur.

Les conservateurs avaient placé un piège: les mots vous dessinent leur vision du monde. Et c’est bien ce qu'encadrer veut dire. Le principe est celui d'obtenir un langage qui va s’adapter à votre vision du monde. Ce n'est pas simplement une question de langage. Les idées viennent en premier -- et le langage porte ces idées, et évoque celles-ci.

Il y avait un autre bon exemple dans un discours au Congres, en janvier. Celui-ci était une métaphore remarquable. Bush a dit, "nous n’avons pas besoin d’une autorisation écrite pour défendre l'Amérique." Pourquoi a-t-il parlé d’autorisation écrite ? Il aurait pu avoir juste dit, "nous ne demanderons pas de permission." Mais parler d'une autorisation écrite est différent. Pensez à la dernière fois que vous avez eu à demander une autorisation écrite. Pensez, qui, habituellement doit demander une autorisation écrite. Pensez à qui est demandé cette autorisation. Pensez au rapport entre eux. Tels sont les genres de questions que vous devez vous poser si vous voulez comprendre le discours politique contemporain.»

Intéressant, non ? ;)

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